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Le cyberdépendant

ClavierLa cyberdépendance est un phénomène relativement nouveau. En fait, même le terme cyberdépendance ne fait pas consensus. Une chose est certaine, les gens qui ont commencé à frapper aux portes des centres de réadaptation en dépendance démontraient une grande souffrance. La perte de contrôle quant à leur utilisation d’Internet présentait de nombreuses similarités avec les dépendances avec substances et avec la dépendance au jeu. C’est pourquoi le Centre de réadaptation en dépendance de Montréal - Institut universitaire a commencé à offrir des services pour les cyberdépendants tout en participant à des recherches pour continuer de faire avancer les connaissances sur cette problématique.

Certaines de ces personnes se rappellent avoir commencé à jouer à des jeux vidéo à un très jeune âge, cette passion prenant plus de place à l’adolescence au point de créer des problèmes plus tard au début de l’âge adulte. Isolement, échecs scolaires, difficulté à intégrer le marché du travail et faible estime de soi figurent parmi la liste des problèmes rencontrés. Il est complexe de comprendre la dépendance et plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Un individu vulnérable à un moment de sa vie peut se réfugier dans l’univers virtuel puisqu’il connaît déjà ce moyen d’immersion pour tout oublier. Il faut dire que certains jeux possèdent des caractéristiques qui créent des mécanismes de renforcement puissants à plusieurs niveaux. C’est le cas des MMO pour « massively multiplayer online game » (jeux en ligne massivement multi-joueurs). Parmi les MMO, il y a les jeux de stratégie (MMORTS pour « real time strategy »), les jeux de tir subjectif (FPS « first person shooter ») et les jeux de rôle (MMORPG pour « role playing game »). La dépendance aux jeux vidéo a été suffisamment documentée pour faire son entrée en annexe, du manuel diagnostique utilisé par les psychiatres et les psychologues (le DSM-5) sous le vocable « Internet gaming disorder ».

Lorsque l’Internet devient le moyen privilégié de socialiser ou de faire des rencontres, il est également possible que cela devienne une dépendance. On pense ici aux médias sociaux comme Facebook, au clavardage, aux jeux où la socialisation occupe une grande place et aux sites de rencontres. La personne peut alors investir ces relations en ligne au détriment de possibles rencontres hors ligne et elle peut s’isoler. Pour d’autres, le temps consacré à ces amitiés peut engendrer des impacts négatifs sur la productivité au travail ou dans les études. Enfin, dans certaines circonstances cela peut mener à des problèmes conjugaux.

D’autres personnes consultent en raison de leur dépendance à des sites de pornographie ou à des sites à caractères sexuels. Souvent, au départ c’était un moyen de vivre sa sexualité, mais tranquillement ça prend de plus en plus de place dans la vie de la personne et la consultation de ces sites devient un moyen de gérer des émotions négatives ou de l’anxiété.

Peu importe l'utilisation, qui pose problème, il est important d’explorer la fonction de ce comportement et les besoins qui sont comblés pour comprendre ce qu’il y a d’unique dans la situation de chaque personne qui consulte. Il est parfois difficile de faire ce processus d’introspection soi-même puisqu’on ne possède pas le recul nécessaire. C’est pourquoi nous vous encourageons à demander de l’aide si vous observez que vous avez tenté sans succès de modifier vos habitudes reliées à l’utilisation d’Internet.

L’Internet, une dépendance?
Bien que nombreuses sont les personnes qui utilisent les technologies et les moyens de communication offerts par Internet sans développer de problèmes, il est de plus en plus reconnu par les milieux scientifiques que certaines applications peuvent engendrer une dépendance. Peut-être est-ce votre cas? L’utilisation d’Internet est-elle rendue primordiale dans votre vie au point où vous réalisez que vous ne pouvez plus vous en passer? Tout d’abord, il est important de distinguer l’usage essentiel ou professionnel de l’usage non essentiel et personnel d’Internet. Ainsi, si vous passez beaucoup de temps sur Internet pour le travail cela n’indique pas nécessairement une perte de contrôle. C’est pourquoi il n’existe pas de seuil clinique quant au nombre d’heures passées sur Internet pour indiquer une dépendance.

Toutefois, il faut que vous sachiez que l’environnement numérique peut vous faire perdre la notion du temps. Il y a toujours quelque chose d’excitant à voir, à lire, quelqu’un à qui parler, bref il est facile de glisser d’une application à l’autre, votre esprit étant capté au point de ne pas voir les minutes se changer en heures. De plus, l’Internet est disponible 24h/24 peu importe le lieu où l'on se trouve grâce aux téléphones intelligents ce qui peut induire une plus grande difficulté à se contrôler.

Les symptômes rapportés par les gens qui consultent pour un problème de cyberdépendance laissent penser que nous sommes face à une dépendance semblable à l’alcoolisme, la toxicomanie ou le jeu pathologique. Sans dramatiser ni s’alarmer, il convient de demeurer prudent et vigilant quant à votre utilisation des nouvelles technologies. Particulièrement si vous vivez des moments difficiles qui pourraient vous fragiliser comme un épisode dépressif, une rupture, une perte d’emploi ou des problèmes de santé invalidants. Cela pourrait vous amener à vous tourner vers certaines applications ou jeux pour rechercher un soulagement temporaire. Or, à plus long terme, cela peut engendrer des conséquences négatives, ce qui amène certains cyberdépendants à dire que le médicament qu’ils avaient trouvé était devenu un poison.

Souvent, il est difficile de reconnaître que vous êtes en train de perdre le contrôle de votre utilisation d’Internet, surtout si c’est une activité que vous aimez, car vous n’avez jamais essayé de diminuer. Vous pouvez minimiser les impacts négatifs puisque les signes sont indirects. Par exemple, avez-vous observé une modification au niveau de votre sommeil ou de votre alimentation parce que vous voulez passer le plus de temps possible devant l’écran? Ressentez-vous des maux de dos, des migraines ou une sécheresse oculaire? Perdez-vous l’intérêt envers des activités ou des loisirs que vous aimiez auparavant? Ces signes devraient vous amener à vous interroger.

Si vous réalisez que vous n’êtes pas capable de modifier vos habitudes malgré les impacts négatifs que cela engendre dans votre vie et que cela vous fait souffrir, peut-être qu’il serait important de vous arrêter et de vous questionner. Complétez la section auto-évaluation afin d’avoir un premier aperçu de votre situation.

 

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